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06 août 2014

La Cabaret du Chat Noir

Plongeons dans l’atmosphère parisienne des années 80 grâce à Paris Unplugged qui nous conte l’histoire du Cabaret Du Chat Noir.

Le Cabaret du Chat Noir reste aujourd’hui le lieu le plus emblématique du Montmartre d’autrefois. La création de ce lieu unique à la fin du XIXe siècle ouvrira la voie à beaucoup d’autres. Comme son emblème, l’enseigne connaîtra de multiples vies.

L’histoire débute vers 1881, année au cours de laquelle un certain Rodolphe Salis, artiste touche à tout, reprend à son compte un ancien relai de poste situé 84 Bd de Rochechouart. Ce premier endroit, fort exigu, fut baptisé en l’honneur d’un misérable petit chat errant sur place durant les travaux. Le cabaret de Salis connut très vite un énorme succès, dû en grande partie à l’influence de son camarade Emile Goudeau. Ce dernier avait fondé quelques temps plus tôt, le cercle des Hydropathes, un club de poésie, au sein duquel on buvait surtout de l’absinthe… Salis convainquit Goudeau de quitter le quartier latin pour Montmartre. Les hydropathes entraînèrent d’autres originaux dans leur sillage… L’atmosphère pittoresque faite de gouailles et d’irrévérences, lança une mode nouvelle. Revers de la médaille, le Chat Noir devint aussi un repaire de malfrats et de souteneurs.

Il était temps de faire évoluer les choses. En 1885, Salis fut contraint de trouver un endroit plus grand pour accueillir sa turbulente clientèle. Son choix se portera sur le 12 rue de Laval. Le déménagement homérique prendra la forme d’une procession. Cet immeuble de trois étages offre à Salis l’opportunité de toutes les démesures. On y trouvait une salle des Fêtes, un oratoire et même la loge du Président de la République. L’ensemble fut décoré par de nombreux artistes, avec lesquels Salis entretenait des rapports compliqués.

Le poète Laurent Thailhade résumera l’esprit du Chat Noir comme « L’Assommoir et La Divine Comédie amalgamés».

Très vite, le Chat Noir diversifiera ses activités. Une revue sera éditée sous son nom, dont plus de 800 numéros seront publiés jusqu’en 1897. En 1887 le cabaret proposa un Théâtre d’Ombres qui consolidera sa notoriété. Cette attraction d’Henri Rivière connaîtra un succès phénoménal. Poèmes et chansons prenaient vie grâce aux silhouettes projetées sur une toile tendue. Le procédé nécessitait le travail de six machinistes.

Certains spectacles resteront dans les mémoires tels « L’Épopée Napoléonienne » de Caran d’Ache ou la« Nuit des Temps » de Robida.

Victime de la cadence infernale que lui imposait son cabaret, Salis mourut d’épuisement en mars 1897. LeChat Noir ne survivra pas à son propriétaire, mais le principe du théâtre d’ombres fut repris un peu partout.

L’enseigne actuelle du 68 Bd de Clichy fut créée vers 1907 par Jean Chagot. Il loua le sous-sol et demanda à la veuve Salis, l’autorisation d’appeler ce nouvel endroit « Le Caveau du Chat Noir ». Amputé plus tard de son préfixe, ce nouveau « Chat Noir » n’a donc rien en commun avec le cabaret historique.